Lumière sur une « jardinière sensible » de l’équipe de la Saline : une autre façon de penser le vivant.


Jardinière à la Saline royale depuis deux ans, Mélanie Goyot est arrivée dans ce métier par reconversion. Après un parcours universitaire en sciences sociales, ses recherches l’ont amenée à questionner les liens entre l’humain et la nature, la poussant à se tourner vers un métier au plus proche du vivant.

Avoir la main verte voilà la qualité principale d’un bon jardinier ! Mais que cela signifie-t-il ? Est-ce un don, une sorte de qualité innée qui n’appartient qu’à une partie de la population humaine ou bien cette expression raconte-t-elle autre chose du jardinier ?

Loin de l’image traditionnelle du jardinier réduit à l’entretien des espaces verts, Mélanie considère ce métier comme un véritable engagement. Observer, comprendre et prendre soin du non-humain, voilà qui encourage à entretenir les relations qui composent le vivant.  

« Le métier de jardinier ne correspond pas aux représentations qu’on lui prête la plupart du temps. Il est d’abord un choix de vie, un engagement qui témoigne d’une sensibilité à la complexité du monde vivant. »

C’est cette réflexion qui nourrit sa pratique au quotidien dans les jardins de la Saline royale. Elle l’a également conduite à rédiger un article publié dans la revue Pour (Inventions savantes, formation et appropriations citoyennes : jardins des villes, jardins des champs, n°251/252, décembre 2025), dans la rubrique « Paroles de jardiniers ».

Intitulé « Le jardinier sensible : un rêveur éveillé de la relation humain/non-humain », cet article propose de repenser le métier de jardinier à l’heure de la crise écologique.

À travers cette notion de « jardinier sensible », Mélanie défend une approche où la connaissance technique dialogue avec l’observation, l’écoute et l’attention portée aux êtres vivants qui habitent le jardin. Le jardinier n’est alors plus seulement celui qui façonne ou entretient un espace, mais celui qui accompagne un écosystème en mouvement.

« Le jardinier sensible fait dialoguer rationalité et sensibilité. Il développe une éthique du soin et cherche à créer une véritable association entre humains et non-humains. »

Dans cette perspective, le jardin devient un lieu de rencontre entre les espèces, un espace d’apprentissage, d’émerveillement et de transmission. Le jardinier sensible devient alors un médiateur entre l’humain et le reste du vivant, capable de transmettre une autre manière d’observer et d’habiter le monde.

À la Saline royale, cette vision résonne particulièrement avec la volonté de faire des jardins un espace d’expérimentation, de biodiversité et de sensibilisation aux enjeux écologiques contemporains.

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