

La grainothèque voyageuse
Ce jardin est comparable à un casier à graines avec des compartiments de 2,5m par 2,5m. Les plantes sont choisies pour la particularité de leurs graines : graines volantes, graines légères, graines qui explosent, graines qui s’accrochent aux pelages des animaux et parfois aux vêtements des humains. Le visiteur découvre ce jardin et la collection de graines par des petits cheminements. Avec le temps, les plantes vont se mélanger et on pourra également étudier cette dispersion. Ce mélange évoque la mécanique naturelle du brassage planétaire.

La dormance
Ce jardin évoque la capacité de la graine à dormir parfois pendant deux mille ans avant de rassembler les facteurs qui vont lever sa dormance par le froid, par le feu ou par l’action des sucs digestifs d’un animal. Ce jardin déjà boisé est accompagné d’arbres à graines de type Catalpa, Erable, Charme houblon. Comme la graine, le promeneur sera invité à la dormance et à la contemplation dans de grands hamacs suspendus dans les arbres. La cabane existante sert d’atelier pour la fabrication de bombes à graines. Le chemin en bois est accompagné par un nouveau cheminement réalisé avec des noyaux de pêches ou de pommes de pin.
Les coques de noyaux de pêche, un bio granulat
Celles et ceux qui pratiquent le jardinage ont sans doute déjà remarqué la persistance des noyaux de pêche dans leur tas de compost. En effet, leur forte teneur en lignine retarde leur décomposition. Ces bio matériaux présentent de nombreux avantages. Utilisés comme granulats, leur couleur et leur vibration à la lumière apportent chaleur aux cheminements. Installés par couche de 5cm, ils ont une durée de vie de 15 ans et offrent une belle perméabilité au revêtement. Pertinente valorisation de déchets de l’industrie agroalimentaire, ces coques peuvent également être utilisées en paillage.

Le cercle des cryptogames
La ronde de peupliers existants sous forme de clairière abrite des arbres morts au sol qui se dégradent lentement. Des brumisateurs apportent de la fraîcheur aux visiteurs mais surtout aux fougères appelées cryptogames (plantes dont les organes reproducteurs sont cachés). D’autres fougères sont plantées ainsi que des prêles. Un platelage en bois circulaire reprend la forme ronde des peupliers, tandis que l’entrée du jardin se fait le long de troncs au sol sur lesquels poussent des champignons. Des mares sont ajoutées à ce jardin afin d’accueillir des libellules qui étaient présentes, comme les fougères, il y a 300 millions d’années.

Les pieds sur terre
Ce jardin est sur le thème du recyclage et du sol. On y retrouve la Kerterre fabriquée en terre et dessinée par Luc Schuiten. On pourrait également imaginer une autre cabane de type « habitarbre » née également de l’imaginaire de cet artiste attaché à l’architecture végétale et au biomimétisme. Le sol est composé de matériaux de recyclage comme les tonneaux déjà présents mais également de terre cuite, de métal, d’enrobé, de bois etc. Ce chemin peut être parcouru pieds nus afin de sensibiliser le promeneur aux matières. D’autres plantes de sous-bois enrichissent ce jardin comme par exemple le cyclamen de Naples.
La mare du jardin
Installée en 2018, lors du Festi- val des jardins consacré à Luc Schuiten, cette mare en forme de feuille a très vite été colonisée pour créer un écosystème riche. À peine la bâche installée et la mise en eau terminée, les grenouilles rieuses comme à leur habitude ont investi le bassin pour leur premier concert de l’année. La mise en place de plantes aquatiques telles que l’iris des marais, la massette, le Typha ou la lentille d’eau, a favorisé la venue d’un cortège du monde animal. Avec un peu de patience, on peut facilement observer la fascinante vie de la mare. Les modes originaux de déplacement des insectes, le dytique rameur, le gerris en ski nautique ou les libellules et les demoiselles qui ont pris de la hauteur en vol stationnaire. Les tritons, aux allures préhistoriques, sont également bien présents et vous demanderont d’être plus discrets, en communion avec dame nature, pour les voir déambuler au fond de la mare.

Le jardin du temps
Ce jardin est inspiré du cyanomètre (de cyan et mètre) qui est un nuancier destiné à évaluer l’intensité de la couleur du ciel bleu. Il est attribué à Horace-Bénédict de Saussure et Alexander von Humboldt et inventé en 1789.
Nous souhaitons faire l’éloge du ciel à travers ce lieu. Le jardinier travaille le sol et interroge le ciel. Nous vous invitons à entrer dans cette forme circulaire. Les plantes grimpantes vous accompagnent dans ce couloir qui dessine un cercle chromatique au-dessus du visiteur. Au centre vous découvrirez un miroir d’eau qui reflète le ciel. à vous d’observer et de comparer les couleurs avec le nuancier du Cyanomètre. Ciel bleu ou orageux ? Prenez ensuite le temps de vous poser dans les chambres de verdure, regarder les nuages, sentir les parfums, méditer.
Les floraisons bleues du jardins du temps
Ce jardin permet, grâce au cyanomètre, d’apprécier la couleur du ciel. Cette couronne de dégradés de bleu nous fait lever les yeux pour en comparer les nuances. Les végétaux participent à cette fête de la météo en proposant un camaïeu rivalisant de subtilités. Non seulement ces plantes apportent la couleur, mais se dépassent pour faire valoir leurs arguments esthétiques ou odorants.
De nombreuses plantes aromatiques ou médicinales proposent des floraisons azur telles que la lavande, le thym, le romarin. À l’image du Nepeta ou du Perovskia, elles sont bien souvent aussi mellifères. Echinops ritro dit « boule azurée » se démarque par sa floraison globulaire, tandis que la Verveine de Buenos Aires ou la Chicorée se distinguent par la légèreté et la luminosité incroyable de leurs fleurs.
On trouve aussi des feuillages bleutés, qualifiés de glauque chez les graminées, les hostas, les euphorbes qui viennent donner du mouvement au jardin.

Le jardin du vent
Le projet s’organise en bandes avec plusieurs variétés de graminées qui jouent sur les hauteurs et les couleurs. Un cheminement en caillebotis permet de laisser passer les graminées à travers cette grille. Ce caillebotis posé sur des rails évolue chaque année en fonction de la croissance des plantes ou du tracé que l’on souhaite lui donner. Certaines graminées ont un intérêt pratiquement toute l’année et même l’hiver par leurs couleurs de feuillage. Le stade graminées se rapporte aux premières phases de colonisation d’un sol nu avant l’apparition des plantes épineuses (friche armée). Un climax (état d’équilibre stable et durable atteint par une communauté végétale) à base de graminées se rencontre en haute montagne ou dans les steppes.
Les graminées
Les graminées ou poacées ne comptent pas moins de 12000 espèces. Les premiers paysans récoltaient déjà, 10 000 ans avant notre ère, des céréales sauvages au nord de la Syrie actuelle. Depuis, les graminées ont conquis toutes les civilisations et tous les continents pour devenir la première source de notre alimentation. Le blé, le riz, l’orge, le maïs, l’avoine, le millet, le seigle, la canne à sucre, sont autant de cultures qui constituent la base de nombreux régimes alimentaires.
Les graminées prennent une part grandissante dans les jardins d’ornement, ou lors de végétalisation de façon plus générale. Très graphiques, nécessitant très peu d’entretien et appréciant les milieux secs, les graminées répondent plus que jamais, aux contraintes d’aujourd’hui.
Eric Lagun Bouchet a créé la pépinière L’Autre Jardin, située près de Lille en 1994. Spécialisé dans la production de graminées en plein champ, il a fourni les graminées de ce jardin en proposant une sélection résultant de sa longue expérience.
Légèrement surélevé sur un plancher flottant, le visiteur, va traverser ce paysage duveteux, où le vent va accentuer les ondulations des graminées, installées en ligne, comme des bandes de cultures.

L’épine protectrice
Ce jardin est le deuxième stade du Climax (état d’équilibre stable et durable atteint par une communauté végétale). Les ronces commencent à remplacer la prairie et les graminées. Diverses plantes épineuses apparaissent et protègent les petits arbres qui commencent à grandir. Les végétaux à épines sont choisis pour cette particularité et leur diversité de formes. Un chemin en métal Corten sillonne ce paysage avec des angles importants. Des mots évoquant les épines sont écrits le long du chemin.
Le citronnier épineux
Le Poncirus trifoliata, ou citronnier épineux, marque les entrées du jardin de l’épine protectrice. Cet arbuste arbore une silhouette atypique à lasympathique et odorante floraison blanche, suivie de petits agrumes granuleux, non comestibles, de couleur orangé à maturité. Ses rameaux portent de longues et nombreuses épines acérées rendant l’arbuste impénétrable. La tige et les rameaux épineux dessinent un dédale rappelant la géométrie du cheminement du jardin avec ses angles et entrelacs.

La forêt comestible
Ce jardin, déjà très boisé, est renforcé par le concept de la forêt comestible. La forêt est la dernière étape du Climax (état d’équilibre stable et durable atteint par une communauté végétale). Des arbres fruitiers accompagnent cette forêt ainsi que des plantes de type kiwis, vignes, mûres, houblons, qui grimpent aux arbres. Le sol est en sciure ou grands rondins de bois. Les deux portes du jardin sont marquées par des arceaux de saules pliés formant un tunnel sombre et renforçant l’ambiance de la forêt.
Une architecture en osier vivant durable
Depuis 2001 l’école nationale de vannerie de Fayl-Billot vient exercer son art dans notre Festi- val des jardins. Chaque année des structures innovantes répondent aux nouveaux défis des concepteurs. On se souvient par exemple des tours monumen- tales en osier vivant du jardin Vertigo lors de l’édition des Cités végétales de Luc Schuiten. Avec la mise en place des jardins en mouvement, l’osier vivant est toujours présent avec comme préoccupation de privilégier sa longévité. Ainsi les tunnels de la forêt comestible ou les abris frais de la Table des jardins ont été construits avec une armature en perchette de saule de façon à faciliter les soudures végétales.





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