De l’Empire du Milieu à la Saline royale : les surprenants et résistants arbres d’Asie


La Saline royale a planté dans ses jardins de nombreuses espèces d’arbres originaires d’Asie dont on observe une formidable adaptation au climat franc-comtois. Ces végétaux ont été sélectionnés pour leur rusticité, leur adaptation à tous types de sols, supportant la sécheresse et les gros écarts de température. Ces arbres sont dotés d’un port en cépée, plus naturel que les arbres tiges, et mieux adapté « aux coups de soleil ». Chaque entrée de parcelle du Festival des jardins possèdent deux de ces arbres, dans le cadre du laboratoire des métiers du paysage. Certains sont même à la limite de leur zone géographique. On vous emmène aujourd’hui les découvrir !


Au cœur du labyrinthe : le résinier et le cognassier.

On vous présente tout d’abord Hovenia, le raisinier de Chine. Son feuillage caduc très brillant le rend très décoratif. Sa floraison en ombelle jaune pâle est assez odorante, particulièrement prisée des abeilles puis suivie d’une fructification de couleur brun-rougeâtre. Le pédoncule du fruit, comestible, a une saveur de figue séchée. Cet arbre apprécie la chaleur mais il faut éviter de le planter dans les zones calcaires et préférer un milieu frais.

Aux abords du labyrinthe se niche Pseudocydonia, le cognassier de Chine. Petit arbre proche de notre cognassier commun, il se distingue par son feuillage plus fin pouvant persister une partie de l’hiver. Son écorce lisse et spectaculaire s’exfolie en plaques vertes, brunes et grises. Sa fleur plus petite est d’un rose plus soutenu et enfin son fruit plus gros a les mêmes qualités alimentaires. Il s’adapte à de nombreuses conditions de sols, sauf trop humides. Le jardinier vous conseille de le planter en isolé ou en haie fruitière.


Dans le jardin « Un moment d’égarement » : l’Ehretia et le margousier.

Encore rare en France, découvrez Ehretia, originaire d’Asie du Sud-Est. Cet arbre se développe lentement avec une belle floraison printanière blanche en grappe, au doux parfum de miel. Sa feuille coriace, à la texture rappelant le papier de verre, peut être semi-persistante sous certaines conditions climatiques. Il s’accommode particulièrement bien aux situations chaudes et sèches. Il peut être en limite de rusticité en zone froide. On le trouve essentiellement dans les parcs, les squares et à la Saline royale !

Votre regard se porte maintenant sur le Melia, originaire des contreforts sud de l’Himalaya, connu aussi sous les noms poétiques de Margousier, Lilas de Perse ou encore Acajou de Ceylan. Il a traversé les siècles et les continents. D’abord cultivé dans les temples de Perse, de Ceylan ou de Malaisie, il s’est acclimaté aux rivages méditerranéens où il déploie aujourd’hui sa silhouette légère et gracieuse.

Sa floraison printanière, entre mai et juin, rappelle celle du lilas : de longues panicules de petites fleurs étoilées, lilas clair au cœur violet, exhalent un parfum subtil. L’automne venu, les feuilles virent au jaune avant de céder la place à une profusion de fruits dorés, semblables à de petites perles, qui persistent tout l’hiver et nourrissent oiseaux et chauves-souris.

Derrière son allure modeste, cet arbre révèle de belles qualités : rustique jusqu’à -12/-15°C, il s’adapte à tous sols drainés, même secs et pauvres, et résiste sans faillir aux maladies comme aux insectes. Il peut atteindre 9 mètres de hauteur, forme une cime arrondie et pousse rapidement les premières années. Peu exigeant, il est précieux pour apporter de la verdure et de la légèreté dans les zones ingrates ou sauvages du jardin. Son bois durable et esthétique rappelle celui du teck, ses graines fournissent une huile aux usages variés (savons, médecine traditionnelle, fourrage) et ses noyaux percés étaient autrefois utilisés pour fabriquer des chapelets.

L’arbre à miel du jardin « L’Échappée »

À l’entrée de ce jardin, contemplez maintenant Tetradium, l’arbre à miel. Ce petit arbre très rustique s’adapte à tous types de sols même calcaires. Son enracinement est plongeant. Il est décoratif d’août à octobre par ses fleurs blanc crème puis par ses infrutescences rouges non salissantes car très petites (1 mm). Ses feuilles se composent d’un vert clair se colorant jaune d’or en automne. Il est remarquable par son tronc lisse de couleur grise. On peut le planter en zone méditerranéenne, dans les squares, parcs et petits jardins.

Le pistachier du « Théâtre du vivant »

Croisez Pistacia, le pistachier de Chine. Tout est élégant dans cet arbre : son feuillage composé d’une belle coloration automnale rouge, sa floraison vaporeuse blanche sur les sujets femelles, compacte et rouge sur les sujets mâles, sa fructification en grappes colorées et aromatiques, son port régulier et léger. C’est le plus grand et le seul pistachier rustique dans notre région. Il s’adapte aux sols secs et calcaires.

L’arbre à neige du jardin « Manifeste »

Terminez votre visite avec Chionanthus, l’arbre à neige. Son écorce cuivrée s’exfolie pour laisser apparaître un tronc lisse gris-vert. Il se couvre d’une spectaculaire floraison blanche en grappes, parfumée en mai. L’arbre tolère les sols secs et révèle un bon comportement en milieu urbain.


De l’Empire céleste aux jardins de la Saline royale d’Arc-et-Senans, les arbres de Chine nous émerveillent par leur capacité d’adaptation, leur résistance et leur résilience. Les équipes jardins de la Saline, dans une démarche d’expérimentation, font entrer chaque année de nouvelles espèces.

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