
La Saline royale présente un intérêt remarquable au niveau du patrimoine architectural et historique mais également en termes de patrimoine naturel. Le site a été intégré dans le dispositif « Refuges LPO » (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et au réseau des sites labellisés Espaces Naturels Sensibles (ENS). En partenariat avec le Conseil départemental du Doubs et la Ligue pour la Protection des Oiseaux, la Saline royale a travaillé à la mise en place d’un parcours ludique et sensoriel pour amener ses visiteurs à découvrir l’Espace Naturel Sensible qu’elle représente.
15 stations d’écoute et d’observation

Depuis le 1er juin, une quinzaine de stations d’écoute, d’observation, de manipulation réparties au sein du monument permet aux visiteurs de mieux connaitre la richesse de la faune et de la flore évoluant au sein de cet ilot de biodiversité. Ce parcours destiné à tous les publics peut être réalisé en autonomie grâce à une carte sensible distribuée à l’accueil qui permet aux visiteurs de déambuler dans le parc.
Top départ ! Prenez toutes les allées, recoins, arrières de bâtiments et arrêtez-vous quand bon vous semble. Mettez vos 4 sens à contribution : ouïe, vue, odorat et toucher.
La station n°1 dirige le visiteur vers le rhinolophone, une station d’écoute pour découvrir les cris du Grand rhinolophe qui vit à la Saline royale dans le bâtiment attenant.
Il forme, à la Saline royale, une colonie des plus importantes de France: entre 1500 et 1800 individus. Espèce assez grande (envergure de 33 à 44 cm), le grand rhinolophe est présent dans presque toute la France et dans tous les départements franc-comtois. Il chasse depuis un perchoir à l’affût ou en vol lent à faible hauteur, préférentiellement dans des pâtures entourées de haies hautes. Il apprécie les mosaïques de milieux mixtes semi-ouverts et se nourrit de gros insectes : coléoptères, papillons de nuit…

Poursuivez la déambulation vers la station d’écoute des contes de la mare pour entendre « Rémi et la libellule », « Le carnaval des tritons », « Mademoiselle Crapaude » et « Le Vieil homme et le jardin ». Ces 4 contes sont disposés le long du parcours et peuvent être entendus en libre écoute dans la Kerterre des jardins en mouvement ou flashées avec votre téléphone dans des stations d’écoute dédiées.

Poussez ensuite la porte des anciennes latrines réaménagées par les Compagnons du Devoir et du Tour de France de Mouchard, et laissez-vous surprendre par les chants de 8 oiseaux présents à la Saline : la chevêche d’Athéna, le moineau domestique, l’hirondelle de fenêtre, le bruant jaune, le chardonneret élégant, l’effraie des clochers, le verdier d’Europe et le choucas des tours.
Direction le second demi-cercle

La visite se poursuit dans le 2e demi-cercle. Marquez un temps d’arrêt et d’observation avec la longue vue présente dans le jardin de l’arc jurassien, une belle perspective sur l’autre côté du demi-cercle. Avec un peu d’attention, vous verrez peut-être les plants maraichers de la serre géodésique, ou les nids d’hirondelles sur la maison du directeur !
Place au végétal ! Des tablettes en bois vous permettent ensuite d’identifier les plantes présentes dans cette haie champêtre. Les feuilles dessinées sur les marges de la tablette vous aideront à reconnaitre l’essence de la haie. Un focus est à découvrir sur les fonctions essentielles des haies champêtres : la clôture et la construction du paysage, la production de bois, la régulation et l’épuration des eaux et la protection des sols, l’entretien des équilibres biologiques, la protection microclimatique.

En repassant dans l’allée principale du 2e demi-cercle, cheminez dans la prairie en fauche tardive et regardez, sentez, écoutez tout ce qu’il s’y passe. Carte sensible en mains, vous pourrez associer le dessin d’un animal à son nom : bourdon, carabe, sauterelle, cicadelle, punaise demoiselle… et ainsi apprendre que trois quarts des espèces vivent dans les herbes hautes.
Repassez l’escalier passerelle et appréciez les sculptures d’oiseaux qui vous invitent à vous approcher pour découvrir deux nichoirs situés dans la promenade poétique.

A différents recoins du parc, guettez les sculptures des fourmis, chauve-souris, chouettes, plus vraies que nature !
Des cages à orties présentes le long de l’itinéraire attirent le regard sur les bienfaits de cette vagabonde, oasis pour les papillons et les autres insectes, pourtant souvent boudée par les jardiniers.
Certaines espèces d’insectes sont liées à une ou quelques espèces de plantes en particulier. Elles pondent leurs oeufs seulement sur cette espèce de plantes et les larves se nourrissent uniquement de ces feuilles, on l’appelle la plante hôte obligatoire de l’insecte. L’ortie est une plante hôte exclusive pour de nombreux papillons et autres insectes. Il faut donc la conserver et la protéger !
Un sol vivant ?

Pour finir, mobilisez le toucher cette fois avec le panneau « un sol vivant » qui permet notamment avec un jeu de décalcomanie, de reproduire la faune du sol présente sur ce panneau : les prédateurs, les microorganismes, les décomposeurs primaires et secondaires, les phytophages.
Une fois rentrés chez vous, souvenez-vous de tout ce que vous aurez vu, senti, entendu et touché. Il faut mettre tous ses sens en éveil pour être attentif à la nature qui nous entoure. Ce sont des petits gestes quotidiens qui permettront de la respecter, de la préserver et de la renforcer.
- Parcours imaginé par Fanny Cassani, paysagiste-conceptrice, Atelier Midi à 14h et Bureau d’étude en Environnement
- Contes écrits par Mapie Caburet (Cie À la lueur des contes)
- Grand rhinolophe conçu par Beesbox
- Tablettes à mains fabriquées par Racines & Copeaux
- Sculptures métalliques façonnées par Cordium PIscem, les élèves du Lycée Ferdinand Fillod à Saint Amour et Florence Lagadec
- En collaboration avec les équipes de la Saline royale, du CAUE du Doubs, de la LPO, et du Conseil départemental du Doubs





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