Crapauds et grenouilles : des mares créées dans les jardins pour les protéger


Avec le retour des beaux jours, l’effervescence gagne les mares et points d’eau des jardins de la Saline : c’est la saison de reproduction des amphibiens ! Ces discrets habitants des jardins et des zones humides ont besoin d’un milieu aquatique pour pondre et protéger leurs œufs des prédateurs.

Grenouille verte à la Saline © Yoan Jeudy

Grenouilles ou crapauds : comment les distinguer ?

Dans le monde des amphibiens, Il est parfois difficile de distinguer les grenouilles et les crapauds. Bien qu’ils partagent un mode de vie amphibie, leurs différences physiques et comportementales sont bien marquées. 

Les grenouilles ont une peau lisse, fine et toujours humide. Leurs longues pattes arrières musclées, leur permettent de sauter et de nager avec agilité. Elles évoluent principalement dans les milieux aquatiques, où elles trouvent leur nourriture et peuvent rapidement se réfugier en plongeant.

Les crapauds, eux, possèdent une peau sèche et granuleuse, souvent recouverte de petites glandes qui sécrètent un venin pour repousser les prédateurs. Leur corps trapu et leurs pattes plus courtes les rendent moins habiles au saut : ils se déplacent plutôt en marchant ou en rampant. Ils vivent majoritairement sur la terre ferme et ne rejoignent l’eau que pour la reproduction.

Crapaud calamite dans les jardins de la Saline © Nicolas Aubert

Les amphibiens de la Saline royale

La Saline royale abrite plusieurs espèces d’amphibiens, dont deux emblématiques : le crapaud calamite et la grenouille verte.

Le crapaud calamite (Epidalea calamita) se reconnaît à sa peau rugueuse brun-vert et à la fine ligne jaune qui court le long de son dos. Il possède des yeux aux pupilles horizontales entourées d’une iris cuivrée. Contrairement à d’autres crapauds, il est assez agile et se déplace plus en courant qu’en sautant. Il affectionne les milieux sableux et ouverts, où il peut se dissimuler sous les pierres ou dans la végétation basse. Au printemps, il rejoint les points d’eau pour pondre ses œufs sous forme de longs cordons flottants.

La grenouille verte (Pelophylax sp.), quant à elle, arbore une peau lisse aux nuances de vert et de brun, souvent marbrée de tâches plus sombres. Sa tête pointue, ses yeux proéminents et son tympan bien visible la rendent facilement identifiable. Elle fréquente les mares, étangs et marais, où elle chasse des insectes et petits crustacés à l’aide de sa langue collante. En hiver, elle hiberne enfouie dans la vase et, dès le retour du printemps, les mâles coassent intensément pour attirer les femelles. La ponte se distingue par sa couleur jaunâtre et se présente sous forme d’un amas de 10 000 œufs flottant à la surface de l’eau.

Grenouille verte dans la mare de la Saline © Yoan Jeudy

Créer une mare pour protéger les amphibiens

En France, plus de 50 % des milieux humides ont disparu en deux siècles, réduisant drastiquement les zones de reproduction des amphibiens. En plus de cette perte d’habitat, la pollution et l’introduction d’espèces exotiques envahissantes aggravent encore leur situation, entraînant un fort déclin de leurs populations, aujourd’hui classées parmi les espèces menacées.

Heureusement, nous pouvons agir en aménageant des mares, quelle que soit leur taille !

Le choix de l’emplacement est essentiel : il est préférable d’installer la mare dans un endroit ensoleillé, à l’abri des polluants et des prédateurs. Il faut ensuite creuser un bassin avec une profondeur progressive et des pentes douces, facilitant l’accès aux amphibiens et aux autres espèces animales. Pour assurer l’étanchéité, on peut utiliser un revêtement naturel comme l’argile ou une bâche spécifique.

Une fois la structure en place, il est essentiel de végétaliser les abords avec des plantes aquatiques et semi-aquatiques. Elles offrent des refuges et des supports de ponte aux amphibiens, tout en favorisant la biodiversité environnante. Enfin, il est préférable de laisser la mare se remplir naturellement avec l’eau de pluie et de ne pas y introduire de poissons, qui risqueraient de prédater les têtards et les larves d’insectes.

Créer une mare, c’est offrir un havre de biodiversité bénéfique non seulement aux amphibiens, mais aussi aux insectes pollinisateurs, aux oiseaux et à bien d’autres espèces. En intégrant ces espaces naturels dans les jardins de la Saline royale, nous contribuons activement à la préservation de la faune locale !

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